14
propositions de François Fillon
Pour
une Ecole plus efficace Par la loi, l’Ecole s’engage à garantir à tous les élèves la maîtrise des compétences indispensables au terme de la scolarité obligatoire. Ce socle est la charpente grâce à laquelle l’élève construit son parcours éducatif et tout son avenir. Le socle comprend un ensemble de connaissances et des compétences indispensables : en
français (lecture, écriture, expression orale) ; Les grandes lignes du socle seront fixées par la loin, car la souveraineté nationale doit décider des grandes priorités de l’Ecole. Il revient à l’Etat, à travers le Ministre de l’éducation nationale, d’arrêter dans le détail la définition du socle. Il le fera en s’appuyant sur une expertise indépendante. La loi proposera de créer un Haut conseil de l’Ecole avec une compétence consultative large, portant notamment sur le socle, les programmes et de l’évaluation des résultats. 2. Valider l’acquisition du socle tout au long de la scolarité obligatoire La certification du socle interviendra en fin de 3ème grâce à un brevet rénové. Mais il ne faut pas attendre ce moment-là pour détecter des retards ou des difficultés. C’est donc tout au long de la scolarité que les enseignants doivent pouvoir ajuster leur pédagogie. La validation du socle interviendra donc dès le primaire et tout au long de la scolarité : Une
évaluation nationale en français et en mathématiques
aura lieu pour tous les élèves en début de CE2 et
en début de 6ème. Elle sera utilisée pour déclencher
le soutien individualisé des élèves en difficulté,
même si c’est tout au long de la scolarité du CP à
la 6ème que ce soutien peut être décidé ; 3. Mettre en place un nouveau brevet pour certifier le socle Le nouveau brevet a été conçu pour certifier la maîtrise du socle et mieux mettre en avant les talents de l’élève. Les élèves choisiront les matières qui les mettent le plus en position favorable, tout en garantissant un tronc commun. Le nouveau brevet sera construit sur le modèle suivant : 3 épreuves écrites définies au plan national (coefficient 8) : * français Une évaluation par contrôle continue (coefficient 12) : *
la matière non choisie à l’écrit ; Le nouveau brevet se caractérise par 6 nouveautés : son
caractère obligatoire : tout élève de 3ème
devra le passer ; 4. Repenser les filières du lycée et moderniser le baccalauréat Aujourd’hui le lycée en France représente 1 100 heures de cours en moyenne contre 960 heures en moyenne dans les pays industrialisés. En 2ème les horaires des élèves seront allégés par une simplification des options : un enseignement de détermination obligatoire et 2 options facultatives. Les Travaux pratiques encadrés (TPE) seront prévus seulement en 1ère pour privilégier en terminale la préparation du baccalauréat. La filière littéraire sera rendue plus attractive en valorisant ses débouchés. L’étude des langues anciennes sera soutenue en leur donnant un coefficient majoré lorsque l’une ou l’autre est choisie en option au baccalauréat. Les filières sciences et techniques industrielles (STI) seront développées pour offrir des perspectives d’études supérieures soit en BTS, soit en licence professionnelle. Elles doivent pouvoir attirer davantage de jeunes filles. Elles seront révisées et leur nombre réduit de 12 à 5 pour accroître leur lisibilité et leur attractivité, d’ici deux ans : énergie
et environnement ; Les séries sciences médico-sociales (SMS) et sciences et technologie de laboratoire (STL), qui correspond à des besoins très importants du marché de l’emploi, seront actualisées et développées. 5. Améliorer le fonctionnement de la classe La réussite de l’Ecole dépend au premier chef du fonctionnement de la classe, de la pédagogie de la qualité et de l’engagement des enseignants. Cela suppose de reconnaître le rôle primordial de la pédagogie de l’enseignant dans sa classe : le principe de la liberté pédagogique de l’enseignant sera inscrit dans la loi. Cette liberté s’exercera dans le cadre des programmes, des instructions ministérielles, et sous le contrôle des corps d’inspection. Cela suppose aussi de formaliser davantage le travail pédagogique en équipe dans l’établissement (collège et lycée) par : une
meilleure reconnaissance du rôle de professeur principal ; 6. Rénover la formation initiale et continue des enseignants La formation des enseignants est un enjeu crucial pour la qualité de l’Ecole. La loi fixera un cadre national permettant une formation académique au plus haut niveau et une formation pratique plus intense. Les IUFM deviendront des unités intégrées aux universités avec un statut spécial, équivalent à celui de certaines écoles d’ingénieurs. L’étudiant en IUFM accèdera à des unités de valeur (ou crédits) qui lui permettront d’accéder à une partie de Master disciplinaire (2 semestres, à compléter en formation continue dans la suite de la carrière). La rentrée en IUFM, après la réussite au concours, sera avancée d’une semaine avant la rentrée scolaire afin que le début de la mise en situation de responsabilité dans une classe soit précédé d’un début de formation pédagogique. Le contenu pratique de la formation, en deuxième année, après le concours, sera enrichi. Les enseignants en IUFM seront soit des enseignants chercheurs de l’université, soit des enseignants associés du secondaire ou du primaire ayant toujours en charge un enseignement effectif devant les élèves, pour ne jamais perdre le contact avec la classe. Après la fin de la scolarité en IUFM, le nouveau professeur sera affecté dans l’académie où se trouve son IUFM de manière à garder un lien avec ses formateurs. Une prime d’installation de l’ordre de 1 000€ lui sera attribuée. Pour faire entrer la formation continue dans les faits, un droit individuel à la formation continue sera mis en place. Tout enseignant bénéficiera de 20 heures de formation par an, capitalisables sur 6 ans, pouvant s’exercer pour partie hors périodes scolaires moyennant un complément de rémunération. Pour
une Ecole plus juste La sécurité dans les établissements est un élément clef de la justice scolaire, mais aussi de l’efficacité de l’école. Combattre toutes les violences à l’école est une priorité éducative et sociale. Le dispositif relais a fait les preuves de son efficacité. Extraire d’une classe de collège des élèves perturbateurs permet de pacifier la classe et de la remettre au travail. Pour l’élève concerné, le bénéfice est clair : il se retrouve dans un groupe de moins de 10 élèves, avec des professeurs qui savent adapter leur pédagogie. Au bout de 3 à 4 mois, le retour dans la classe doit être la règle. La loi engagera une politique ambitieuse en multipliant par 5 le nombre de classes et ateliers relais en 5 ans. 8. Personnaliser le soutien aux élèves en difficulté Tout élève en difficulté dans l’acquisition du socle doit se voir proposer un « contrat individuel de réussite éducative » (CIRE). Il s’agira d’un engagement mutuel entre l’école et l’élève, car ce dernier doit s’investir dans un rattrapage. Ce contrat apportera à l’élève un soutien de 3 heures par semaine dans les disciplines et les compétences où des lacunes graves se feraient sentir. Dans le primaire, il s’agira d’abord du français et des mathématiques. Ce contrat peut être offert à tout moment sur l’initiative de l’enseignant. Il ouvre un accès à un enseignement en petit groupe, organisé par le directeur d’école ou le chef d’établissement. Pour sa mise en œuvre, le directeur d’école pourra faire appel à des maîtres du Réseau d’aide aux élèves en difficultés. Pour l’organisation de ce soutien au niveau du collège, le chef d’établissement disposera d’un contingent d’heures supplémentaires, que l’établissement soit ou non situé en ZEP, à proportion des difficultés des élèves dans son établissement. 9. Assurer le remplacement des enseignants La loi entend résoudre un problème majeur dans le fonctionnement de l’école : celui des remplacements de courte durée d’enseignants absents. Il y a de l’efficacité de la scolarité de tous, mais surtout de justice car ce sont les élèves en difficulté qui en pâtissent le plus. Ces remplacements de courte durée seront gérés au niveau de l’établissement par les collègues de l’enseignant absent, en heures supplémentaires. Aujourd’hui, un enseignant peut être astreint à une heure supplémentaire par semaine selon le planning valable pour toute l’année scolaire (1 HSA ou heure supplémentaire année). Pour que les absences de courte durée soient effectivement remplacées, chaque enseignant devra pouvoir accomplir, en plus de son service actuel, jusqu’à 72 heures (HSE - heure supplémentaire effective) dans une année scolaire (soit l’équivalent en moyenne de 2 HSE supplémentaires par semaine). Ces HSE seront payées au tarif majoré de 25% au lieu de 15% aujourd’hui. 10. Multiplier les bourses au mérite La
justice scolaire suppose de soutenir aussi les élèves doués
mais de conditions modestes afin que les contraintes financières
ne pèsent pas sur leur choix d’orientation. Les bourses au
mérite seront donc relancées :
Pour
une Ecole plus ouverte IL appartient aussi à l’Ecole de contribuer à l’insertion sociale et professionnelle des élèves. L’éducation au choix, c’est aussi éclairer les élèves et les familles sur les perspectives de débouchés, en évitant que les préjugés ou les stéréotypes n’enferment les élèves dans des choix réducteurs voire pénalisants à terme. La généralisation progressive de l’option Découverte professionnelle en 3ème à partir de la rentrée 2005 jouera à cet égard un rôle déterminant. La loi fixera un objectif de 100 000 élèves optant pour la découverte professionnelle d’ici 5 ans. 12. Promouvoir les filières professionnelles Pour rendre les filières professionnelles plus attractives, le BEP sera clarifié avec un BEP par branche, l’accès au Bac Pro en 3 ans sera généralisé pour ceux qui le souhaitent, et les titulaires de Bac Pro mention B ou TB auront de plein droit accès une place en STS, en vue d’un BTS correspondant à leur spécialité. L’éducation nationale participera pleinement au plan de développement de l’apprentissage : la loi fixera pour objectif de doubler leur nombre en 5 ans. 13. Renforcer l’apprentissage des langues étrangères La
loi mettra en place un plan ambitieux pour renforcer l’apprentissage
des langues vivantes, comportant notamment : 14. Faciliter l’accès à l’ordinateur et à Internet Le socle comprendra un apprentissage de l’ordinateur et des environnements numériques. Tout jeune doit apprendre à les utiliser de manière autonome et raisonnée pour lire et produire des documents, pour rechercher des informations et pour communiquer au moyen d’une messagerie : le
B2I (Brevet informatique et Internet) sera intégré au nouveau
brevet et donnera des points supplémentaires aux élèves
; |